On appelle l'Occident à l'aide. Dont acte.

 

 

 

 

 Les peuples se soulèvent. Une lame de fond. Des dictatures s’effondrent, les tyrans s’enfuient, des millions de gens s’informent, se rassemblent, discutent, s’expriment, manifestent, revendiquent. Certes, l’histoire nous enseigne que les mouvements de foule n’ont pas toujours produit l’effet attendu, qu’ils ont même enfanté des systèmes totalitaires. Faut-il pour autant bouder notre plaisir de voir destituer des monarques ? Il faut croire en la vigilance des insurgés. Ils sauront mettre de côté les usurpateurs, s’il y en a.

 

 S’il y en a. Car jamais on n’entend d’appel à la guerre, pas la moindre trace d’intolérance ou de fanatisme parmi les revendications des manifestants. Mais une aspiration à la liberté, aux libertés, à des constitutions, à la démocratie. Un rejet sans appel de la corruption, du détournement des richesses, des systèmes oligarchiques, népotiques.

 

 Pour chasser les despotes, on appelle l’Occident à l’aide. Traditionnellement coupable de tous les maux, le monde libre prend quelques responsabilités, volant au secours d’un peuple révolté mais désarmé. Et ceux qui trouvent à redire, clamant que « c’est au peuple lui-même de décider de son avenir » (sous les bombardements de la dictature…) devront expliquer au monde le bien-fondé de leur pacifisme. Les mêmes auraient sans doute crié « A bas la guerre ! » le 06 juin 1944 quand les alliés au prix de milliers de victimes se préparaient à libérer l’Europe du nazisme.

 

 Certes l’entreprise est dangereuse, surtout connaissant les méthodes de l’adversaire qui, lui, n’a de comptes à rendre à personne, avec des médias aux ordres, et des armes lourdes qu’il n’hésite pas à utiliser contre les populations civiles. L’entreprise est dangereuse aussi, rappelant –bien que je ne l’espère pas, mais alors pas du tout- le soutien apporté par les Américains et d’autres démocrates dont j’étais à l’époque, aux insurgés afghans dans leur combat contre l’occupant soviétique. Insurgés qui se révèleront plus tard être les pires ennemis du monde libre.

 

 Je poserai le problème autrement. Si un devin avait prédit la Terreur, le peuple se serait-il lancé dans l’aventure révolutionnaire ? Si les esprits russes éclairés, les socialistes, les démocrates avaient pu prévoir l’enfer stalinien, ils se seraient bien contentés d’un régime parlementaire. Mais les devins n’existent pas et, n’en déplaise aux idéologues dont les pistes mènent aux pires catastrophes, l’histoire n’est jamais écrite par avance. Ce sont les hommes qui font l’histoire, et bien heureusement parfois, les peuples. Ne boudons pas notre plaisir de voir destituer des monarques.

 

 

§



12/04/2011
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