Paris, 16 février 2019
 
 
 
  Je me rappelle une phrase entendue il y a quelques années :
 
 
« Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro-palestinien...".
 
 
 L’agression dont a été victime Alain Finkielkraut (1), insultes hurlées et gestes menaçants confirment non seulement la persistance, mais aussi la profondeur du mal. L’allusion à la Palestine, à Israël nous rappelle que le conflit du Proche-orient n’est qu’un prétexte et que le fond de l’idée est que la place des juifs est à Tel-Aviv, qu’ils doivent donc quitter le pays. C’était dit, hier. 
 
 L’allusion à la Palestine montre d’où viennent ces hurleurs de rue : des rangs extrêmes. De droite, on se rappelle le fameux discours du dirigeant historique du Front national « L’éléphant et le moustique » (L’éléphant : Israël, le moustique : la Palestine). De l’extrême gauche aussi qui, contrairement à toutes les formations politiques, n’a pas eu un mot pour condamner le caractère antisémite de l’agression. A leur décharge, je dirais qu’il faut les comprendre ces révolutionnaires : la classe ouvrière les ignore, il ne leur reste que les banlieues pour faire élire quelques députés, banlieues où pourtant les voitures qui brûlent sont celles du peuple, où les professeurs sont parfois contraints d’adapter leur cours de sciences ou d’histoire à un public déjà formaté, sous l’influence de religieux et de réseaux sociaux qui ont réponse à tout, quartiers que les personnes de confession juive sont amenés à fuir. Mais tout cela il faut le taire, violence et misère sont la conséquence du méchant capitalisme, point à la ligne, et caresser une jeunesse en perdition –même si on ne lui propose rien d’autre que des porte-parole sur les plateaux de télévision- ça rapporte des voix.
 
  Mais il y a autre chose. Ce n’est plus vraiment de la politique. Beaucoup plus grave. Des actes antisémites, il y en eut, il y en a, ici en France, mais cette fois et c’est la deuxième (2) : l’agression d’Alain Finkielkraut eut lieu PENDANT la manifestation des « gilets jaunes ». PENDANT. Il y avait donc du monde. Avez-vous vu les images ? Les personnes, les seules qui ont réagi en protégeant le philosophe, ce sont les policiers. Sinon rien. RIEN. Les « gilets jaunes » ? RIEN. D’autres, passants ? RIEN.
 
  C’était comme si la France regardait. Jusqu’à quand la France regardera-t-elle ? Pour que le pire survienne, il suffit que les gens de bien se taisent.
 
 
 
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(1) Philosophe, auteur entre autres de « La défaite de la pensée » et de « L’identité malheureuse », œuvres récentes qui permettent de mieux comprendre ce qui dérange les esprits étroits.
 
(2) La première fois, quand Alain Finkielkraut fut expulsé d’un rassemblement intitulé « Nuit debout » place de la République. 
 
 
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La chambre 9x12 Fotokor 1C
 
 
 
                                                                    PC210003.JPG
                                                                                                                                                cliché M.Pourny
 
 
 C’est un appareil produit en Union soviétique de 1932 à 1939 pour des clichés sur plaques de 9x12cm. Il est une copie quasi parfaite du Zeiss Ikon Maximar 207/7. Mis au point sur l’infini il mesure 20cm de long.
 
                                                                                                PC220001.JPG
cliché M.Pourny

 
 Fermé (abattant replié) c’est un parallélépipède de 16 cm (hauteur), 11cm (largeur) et 5,5cm (épaisseur). 
 
 L’objectif, un Ortagoz f :4,5 :135mm est monté sur un obturateur Gomz à 3 vitesses : 1/25°, 1/50° et 1/100° plus les poses B et T. Les diaphragmes s’échelonnent de 4,5 (grande ouverture) 6,3,  9,  12,5,  18,  25  à  36. Même ouvert à 4,5, la visée sur dépoli est difficile, le rectangle de toile qui encadre le châssis arrière de l’appareil ne protège pas suffisamment de la lumière latérale. L’opérateur devrait se couvrir d’un voile noir, à l’ancienne. 
 
 Obturateur et objectif sont disposés sur une platine qui peut être déplacée latéralement et en hauteur (4cm d’amplitude dans les 2 cas), manœuvres utiles pour les prises de vue d’architecture ou certains clichés d’atelier. 
 
 La mise au point (de l’infini à 1m50) se fait à l’aide d’une crémaillère qui commande   l’extension du soufflet. La plate-forme qui porte l’ensemble optique peut être déplacée assez loin en avant (double tirage) pour la prise de vue rapprochée.
 
PC210005.JPG
cliché M.Pourny
 
 
 L’appareil permet trois modes de visée. Pour une mise au point parfaite rien ne vaut celle réalisée sur le verre dépoli. Avec deux inconvénients : l’image étant inversée (haut et bas) la composition n’est pas facile. En outre cela suppose une série de manœuvres : la mise au point étant faite sur dépoli, il faut retirer celui-ci pour introduire la châssis chargé d’une plaque sensible (ou d’un plan film disponible encore aujourd’hui en 9x12). Celui-ci aura bien sûr été chargé dans le noir, dans le cas d’un voyage, il faudra préparer les châssis et surtout s’assurer qu’ils sont parfaitement protégés de la lumière ! 
 
 Pour un cadrage plus rapide, on utilise le petit viseur reflex fixé au sommet de la platine porte objectif, avec échancrure pour photos horizontales ou verticales. Autre méthode, le viseur dit « iconomètre », en faisant coïncider deux cadres, le plus petit où placer son œil (sur le boîtier de l’appareil) avec le plus grand qui se déploie sur le côté de l’objectif. Dans ces deux cas, la mise au point se fait au jugé, en reportant la mesure sur l’échelle gravée en mètres sur l’abattant : infini puis 10, 5, 3, 2 et 1,5m.
 
 Encore une fois, un grand merci à Patricia et Jean-Luc pour ce magnifique cadeau de Noël. 
 
 
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Pour compléter notre contribution:

 

 

 

 

 Pour un nouveau droit, celui d'obtenir -dans conditions précises- une aide active à mourir dans la dignité lorsque la vie n'est plus que de la survie. (Annick)

 

 

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Contributions au grand débat
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Débaptiser l’avenue de la Grande Armée et la nommer : avenue Arnaud Beltrame.
 
Sans promulguer de nouvelles lois, mettre strictement en application celles dont s’est dotée la république :
 
⦁ sanctionner les délits de racisme et d’antisémitisme, qu’ils soient commis dans l’espace public ou sur internet ;
⦁ poursuivre et sanctionner les auteurs de harcèlement dans les collèges et les lycées, convoquer ces jeunes accompagnés de leurs parents à des stages de formation sur le droit à la différence physique, ethnique ou liée à la sexualité ;
 
L’état apporte trop souvent son assistance à des personnes qui ne font aucun effort pour s’en sortir. Il faut mettre tout en œuvre pour encourager, aider et récompenser ceux qui le méritent, qui travaillent à l’école, qui préparent et passent leurs examens ou qui apprennent un métier dans des conditions parfois très difficiles (horaires, déplacements, fatigue, peu de temps de loisir). 
 
Sur le modèle de l’impôt « risques naturels » des assurances, créer un impôt « dégradations » sans condition de revenus lorsque à la suite de manifestations, des gens violents (qui ont échappé à la justice) détruisent les biens publics ou privés. 
 
(contribution de Michel)
 
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Evaluation et transparence… 
 
⦁ …des sommes versées dans la politique de la ville. 
⦁ Tenir compte des observations de la Cour des comptes ; 
⦁ Evaluation régulière du train de vie de l’état et des hauts fonctionnaires ;
⦁ Evaluation de l’utilisation des sommes versées à des organismes, à des projets ;
⦁ Arrêt des augmentations ou des moyens de défiscalisation des députés, sénateurs et hauts fonctionnaires ;
 
Education :
 
⦁ Revenir aux fondamentaux : orthographe, grammaire et chronologie en histoire ;
⦁ Aide et soutien aux professeurs de biologie, d’histoire et d’éducation physique pour qu’ils enseignent sans être sous la pression de quiconque ;
⦁ Oui à la suspension des allocations familiales dans la limite des dommages subis pour les parents d’enfants qui agressent leurs professeurs, leurs camarades ou détériorent du matériel scolaire ;
 
Famille :
 
⦁ développer le planning familial ;
⦁ revoir l’attribution des allocations familiales, dégressive à partir du quatrième enfant ;
 
Médical
 
⦁ développer les centres et cabinets médicaux en milieu rural ;
⦁ incitation forte (ou obligation ?) pour les médecins à venir en milieu rural ;
 
 
Ruralité:
 
-  redistribution en faveur des habitants des territoires ruraux qui -pour l'éducation, le sport et la santé-    doivent parcourir de longues distances;
 
 
Laïcité
 
⦁ faire respecter la loi sur le voile intégral dans l’espace public ;
⦁ faire respecter la loi sur le voile dans l’espace scolaire ;
⦁ fermeture des mosquées où prêchent des islamistes radicaux ;
 
Réseaux sociaux :
 
⦁ réfléchir sur les conséquences de l’anonymat et de l’usage de pseudonymes ;
 
Justice :
 
-   baisser l’âge de la majorité légale.
 
 
   
(contribution d'Annick)
 
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Les "réseaux sociaux" sont devenus le creuset des propos orduriers, des insultes et images dégradantes, lieu de rendez-vous de gens sans nom et sans courage, point de rencontre du sexisme et de l'antisémitisme, bouillon de culture de tous les oublis et de tous les fascismes.
 
 On savait que ce mal existait. Ce qu'on ignorait, c'est l'indifférence des autres, des partis, des démocrates, des gens de bien. Qu'attendent-ils pour cesser de dire la bouche en coeur qu'ils condamnent toutes les formes de violence, mais jamais celle qui saute aux yeux, celle qui s'en prend à la république ?
 
 J'apporte tout mon soutien à Marlène Schiappa, aux élus qui ont été menacés, insultés et agressés, et j'assure de ma solidarité nos policiers.
 
 
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Pour soutenir les policiers blessés:
 
 
 
 
 
 
 
https://www.Leetchi.com/c/soutien-fdo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Carte postale
 
Je vous écris - Copie.jpg
cliché M.Pourny
 
 
 
 
 Je vous écris de mon sapin de Noël. Un ouvrier chinois a glissé dans un jouet un appel au secours pour tous ceux qui comme lui vivent et travaillent dans des conditions inhumaines,
  
 D’Orient et d’Afrique je voudrais bien écrire pour dire ce que vivent les victimes de l’intolérance religieuse,
 
  de ces pays où filles et femmes sont ignorées, voilées, séquestrées, méprisées, maltraitées.
 
 De retour dans mon pays, sachez combien j’apprécie l’attitude de ces gens venus d’ailleurs qui pratiquent leur religion sans l’imposer aux autres, et qui respectent les lois et les usages du pays qui les accueille. 
 
 De la belle campagne française je vous écris où cultivateurs et éleveurs travaillent dur et sans rien demander d’autre que le fruit de leur travail.
 
 Et ces gens des campagnes à qui faudrait-il bien écrire pour qu’ils gardent près de chez eux un hôpital, une maternité, un bureau de poste, une gare, un commerce, une école ? 
 
 De S…….. je vous écris, au milieu des gens du voyage, montrés du doigt par tout le monde et qui n’ont pas plusieurs millions de co-religionnaires pour les défendre. 
 
  Ai-je vraiment envie d’écrire quand j’apprends qu’à Paris on agresse une vieille dame parce qu’elle est juive ? 
 
 Ai-je vraiment envie d’écrire quand des personnes doivent baisser les yeux quand elles rentrent chez elles, victimes quotidiennes d’un fascisme qui ne dit pas son nom ? 
 
 Ai-je vraiment envie d’écrire quand je sais que pour être entendu il faut accepter de ne pas voir la réalité et bredouiller une langue papelarde ? 
 
  J’écris quand même, j’écris de partout, 
 
de ceux qui souffrent en silence car ils n’ont pas les moyens de se défendre.
 
 Madame, Monsieur, 
 
 recevez cet amical souvenir d’un camping où des gens, faute d’un toit, s’abritent sous une tente ou dans une caravane toute l’année, ceux-là ne font pas de bruit, oh non, ce sont des travailleurs saisonniers, des personnes âgées sans ressources, et même je les ai rencontrés, des gens heureux comme cet homme alors que j’étais planté devant son mobil home joliment arrangé et fleuri de partout, cet homme m’a dit « c’est mon petit coin de paradis ».
 
  A vous qui lisez ces lignes, je vous remercie de m’avoir accordé votre attention, je vous souhaite tout le bonheur possible.
 
 
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Embarras
 
 
 
 Moins il y a de solutions pour résoudre la montagne de problèmes qui se posent dans le pays, plus il y a de gros malins pour proposer des solutions. « Il n’y a qu’à… » : voilà le programme politique de toutes les oppositions du monde. Par exemple, il n’y a qu’à prendre l’argent où il se trouve. Une solution plébiscitée par la quasi-unanimité des pauvres, ce qui est normal, mais aussi par les riches… quand ils sont dans l’opposition, ce qui ne dure jamais longtemps. Parvenus au pouvoir, ils oublient tout. 
 
 Les pauvres, eux, ont bonne mémoire. Mais ils ne sont jamais au pouvoir. L’accès au pouvoir est conditionné par l’appartenance à un réseau, un parti, une association de bonnes œuvres, il est conseillé d’avoir suivi de longues études dans une grande école. Il faut être capable de tenir de longs discours pour dire peu de choses, performance impossible pour une personne qui, parce qu’elle est dans le besoin, exprime clairement et distinctement des faits réels. Jamais on n’entendra une ouvrière licenciée après vingt ans d’entreprise déclarer que « la conjoncture internationale et l’équilibre budgétaire rendent inéluctables certains sacrifices y compris malheureusement et je le déplore quelques compressions d’effectif dans l’industrie.» 
 
 Pour le riche, l’idéal du pauvre, c’est Job. Combien ce poème biblique a pu faire de mal dans les chaumières ! Jobard, facile à duper, fichu à la porte, laissant une famille sans autre ressource que la charité publique, prosterné, l’infortuné dirait aujourd’hui: 
 
« Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris ; que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job 1,21) ?  
 
 Au vingt-et-unième siècle, l’infortuné ne dit pas cela. Dieu est introuvable, et contrairement au héros biblique, le travailleur sans emploi ne retrouve jamais la prospérité, car à cinquante ans, aucune entreprise ne lui ouvre ses portes. Aujourd’hui, sont réduits au silence ceux qui subissent la crise. Plus rien ne compte que les remboursements de dettes, le sauvetage de pays en perdition, la crise boursière. Ne parlez surtout pas de vos problèmes, ils ne sont rien par rapport aux dangers qui menacent la planète. 
 
 Et moins il y a de solutions, plus on vous en propose de radicales. C’est le danger qui guette les démocraties plongées dans la crise. Les démarcheurs vont frapper à nos portes. Autrement plus inquiétants que les Témoins de Jéhovah et les Scouts de France, les vendeurs de systèmes, les pros de la doctrine, les installateurs de clôtures, les marchands de canon, les fous de dieux, les messagers de puissances qui n’existent que dans les cauchemars sont là. Ces malfaisants n’existent et ne menacent que parce que la démocratie les tolère. Ils la montrent du doigt. Elle est coupable de tout. Ils lui collent des mots bien à eux, des mots qui font peur : capitalisme au bord de l’implosion, société occidentale dégénérée, impérialisme yankee, lobby juif international, franc-maçonnerie, des mots enrobés de mystère et qui font peur. Et les bons démocrates que nous sommes les laissons dire, car si les déclarations des droits humains interdisent le crime, elles ne donnent pas les moyens de faire taire ceux qui le préparent.
 
 Vu la complexité de la situation je ne crois pas qu’il y ait sur la planète une femme ou un homme assez compétents pour la dénouer. La politique des mesurettes et de la navigation à vue va reprendre son train train quotidien, la fièvre va tomber. A se demander si ce n’est pas cela le « cap » que tout gouvernant cherche désespérément à tenir: un rafistolage permanent. 
 
 
 
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