Mariage sans Hymen

 Portant dans la main gauche le voile nuptial rouge, dans la droite la torche enflammée,  chaussé de sandales d'or, et trop occupé à maintenir sur son front l'origan aux senteurs de menthe, le dieu du mariage avait perdu la tête. Privée d'Hymen, la nuit de noces fut horrible. Pécheresse avant l'union, Promise avait dissimulé sa faute et trompé Promis qui, lui, était tout neuf, de cela on est sûr et certain, la question ne se pose pas, d'ailleurs personne ne l'a posée.

 

 Donc Promise avait dissimulé sa faute et la chose se sut.

 

 En ce jour de mai où Soleil et Printemps ont décidé de faire un bout de chemin ensemble, un peuple flâne nonchalamment sur la place publique. Rumeur n'attendait que cela. Tête nue, poitrine dégagée, jupe fendue, Mégère sort de son nid. Elle court elle vole, rapide autant qu'efficace, elle sait les oreilles complaisantes.

 

  Philosophes, chroniqueuses, journalistes, politiciennes, républicaines, anarchistes, libres penseuses ou agnostiques répandent la nouvelle. Equipage bariolé de matelotes aux abois qui dérivent sur une embarcation qu'elles nomment « démocratie ». Un monde sans Dieu, sans Guide, sans Fouet, sans Bûcher, sans Potence : sans Capitaine le radeau prend l'eau de toutes parts, comme elles ne parviennent plus à colmater les brèches, les Furies s'en prennent au Ciel. Au Très-Haut.

 

 Beati pauperes spiritu ! Le Tout-Puissant Clément et Miséricordieux n'a rien à voir dans tout ça, d'ailleurs sur Europe numéro Un, à l'heure de grande écoute, quand on leur demande si le mari trompé a raison de porter l'affaire en justice, la moitié seulement des intervenants se déclarent Soumis, c'est dire à quel point la loi religieuse n'est pas concernée (la Soumission compte plusieurs millions d'individus à l'échelle du pays).

 

 Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt, restons-y. Le mari trompé pourra se consoler. S'il vous répudie, madame,

             

Dieu peut lui donner des épouses meilleures que vous, des femmes qui professeront l'islamisme, qui seront fidèles, obéissantes, dévotes, pieuses, et adonnées à la prière, soit veuves, soit vierges.

 

 (Le Koran, chapitre LXVI, verset 5, p.529, ed. Garnier Frères, imprimé le 30 janvier 1948)

 

§



03/06/2008
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