Le négationnisme et ses alliés

« Pour bien des esprits, dont certains sont à courte vue mais qui, pour la plupart, souffrent de la sidération ambiante, la liberté d’expression ne serait guère en danger dans les pays occidentaux. Ces pays jouiraient d’une forme de civilisation qui les mettrait à l’abri des passions surannées et des égarements imputables à la superstition religieuse.

 En réalité, il n’y a là qu’illusion. Les belles âmes qui réclament la liberté d’expression pour Salman Rushdie ou pour madame Nasrin sont celles qui, réunies en meute impitoyable,… »

 

 Ces quelques lignes n’ont été rédigées ni par un intellectuel d’extrême gauche, ni par un ayatollah, Eric Delcroix est leur auteur, ainsi débute son livre : « La police de la pensée contre le révisionnisme ». En quatrième de couverture, l’éditeur précise : « Ses courageuses prises de position en faveur de la liberté d'expression l'ont amené à devenir le conseil d'un certain nombre d'organes de presse et à présenter, devant les tribunaux, dans des conditions parfois périlleuses, la défense de nombreux révisionnistes, à commencer, dès 1979, par celle du professeur Faurisson. » 

Ah ? Présenter, devant les tribunaux, dans des conditions parfois périlleuses, la défense de nombreux révisionnistes ?

 

  Depuis des lustres, le révisionnisme -qui n’a en fait qu’un objectif : la négation de la réalité du génocide nazi qui aboutit à la mort de millions d’innocents-  est parvenu à déborder les frontières de l’extrême droite, un espace devenu trop exigu pour le contenir. D’abord, le révisionnisme est mû par un moteur puissant et infatigable : l’antisémitisme. Dès lors, les alliés abondent. Ce n’est pas un hasard si l’auteur de ce livre montre du doigt Salman Rushdie et Taslima Nasreen, l’un condamné par une fatwa, l’autre adversaire de l’obscurantisme religieux, tous deux condamnés ou menacés par le terrorisme islamique. Ces alliances ne sont pas nouvelles. Hitler et le grand mufti de Jérusalem étaient de grands amis. « Les juifs, je vous les laisse. » lui confiait le guide. Combien de pays musulmans, bien avant les persécutions contre Rushdie et Nasreen, ont abrité des criminels de guerre nazis ?

 

 Quand je vois cet homme qui n’a plus rien d’un humoriste inviter sur scène Faurisson et provoquer le rire des spectateurs en appelant à ses côtés un compère déguisé en détenu des camps de la mort, quand j’apprends qu’il y a dans la salle des militants pro palestiniens qui participent à l’ovation, et que le représentant du Front national apprécie le spectacle,

 

  Quand je vois, quand j’entends, quand je lis ces slogans prônant la destruction de l’état d’Israël, invectives meurtrières hurlées ici, à Paris, par ces gens venus d’horizons si différents, depuis les encenseurs du Hamas jusqu’aux nostalgiques du communisme, hurlements qui n’ont d’égal que le silence des médias et des milieux politiques dominants, je suis bien obligé de constater que le négationnisme a encore de beaux jours devant lui, et pas « dans des conditions parfois périlleuses ».

 

 En outre, les négationnistes bénéficient du soutien des mollahs iraniens et de la neutralité bienveillante de l’Eglise. Benoît XVI n’a pas condamné ce prélat qui niait il y a quelques mois l’existence des chambres à gaz. Et la béatification de Pie XII se prépare…

 

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25/12/2009
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