Jihad

 

« A l’extérieur de l’hôtel, la fumée…

Du sang partout, des morceaux de corps…

Des morts, du sang partout…

Nuit de terreur, tirs, explosions…

Sortent des armes de leurs sacs, lancent trois grenades, tirent sur tout ce qui bouge…

Beaucoup de morts…

Les gens courent…

Les autres se jettent sous les tables…

La chose la plus pénible…

La plus effrayante expérience…

Un carnage absolu… »

 

§

 

A Glasgow, au St Mungo Museum of Religious life and art on peut lire ces mots dans une des vitrines de l’exposition :

 

“ If somebody fights and kills the enemies of Islam or if he is also killed in the war, he will go to heaven. God is not going to ask him about his sins or anything.”  Mrs B. (muslim)

 

 Presque tous les jours de par le monde agissent ainsi de saints guerriers inspirés par le Livre :

 

« Si vous rencontrez les infidèles,

combattez-les jusqu’à ce que vous en ayez fait un grand carnage » (1)

 

car de belles choses leur sont promises,

 

« Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah,

Il ne rendra jamais vaines leurs actions

Il les guidera et améliorera leur condition,

et les fera entrer au Paradis qu’Il leur fera connaître. » (2)

 

« Les pieux seront dans des jardins et dans des délices,

se réjouissant de ce que le Seigneur leur aura donné,

et leur Seigneur les aura protégés du châtiment de la Fournaise.

En récompense de ce que vous faisiez, mangez et buvez en toute sérénité,

accoudés sur des lits bien rangés, et

Nous leur ferons épouser des houris aux grands yeux noirs. » (3)

 

 Certes, ces promesses font réfléchir, surtout les pauvres bougres (aujourd’hui disparus) qui, d’éducation, n’ont eu que celle prodiguée par des fanatiques (toujours vivants à l’heure où je vous parle). Alors, en plus, si  "God is not going to ask him about his sins or anything”, les terroristes de Bombay pouvaient voir un intérêt à passer dans l’autre monde, fût-ce au prix de victimes innocentes.

 

 De ces horreurs, je vois deux responsables :

 

1/ Les houris aux grands yeux noirs ;

2/ La nonchalance de l’occident ;

 

 Oui : la nonchalance, oui : de l’occident. Ce journaliste qui prend un air apitoyé en évoquant les victimes m’énerve. Car avant les funérailles de celles-ci, le même nous annonce un programme chargé d’implantation de mosquées aux quatre coins du pays. On a droit au discours en boucle :

 

« ne pas confondre fondamentalisme et religion. Les appels aux massacres qu’on peut lire dans le Coran (et dans l’Ancien Testament aussi NDLR) sont de l’histoire ancienne, un tableau sombre des mœurs de l’époque. »

 

 Bref, on aurait affaire à quelques fous. Et pour éviter que la folie se propage, on va leur édifier des lieux de culte dignes de ce nom, ce qui évitera de les voir enrager dans des caves, à l’abri des regards. On trouvera les sous. Nos politiques apprendront vite à détourner la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’état. Ils ont l’expérience et le savoir faire dans ce domaine.

 

 Donc nous allons payer.

 

 Et pas pour rien. Quand il aura pignon sur rue, le fondamentalisme va en prendre un sacré coup, les langues vont se délier (surtout celles des femmes), les banlieues vont se calmer, les filles vont reprendre les cours d’éducation physique, mais si, vous allez voir, la gent féminine circulera tête nue et même pire, bref nous allons vivre détendus. Non, vous ne croyez pas ? Regardez comme les situations se sont décrispées dans ces grands pays d’Orient aux mosquées innombrables : dialogues pacifiques (interminables et même lassants à force…) entre les différents courants de pensée, libération de la femme, éradication de la violence, respect des libertés fondamentales (réunion, pensée, presse, orientation sexuelle), abolition de la peine de mort, laïcité dans l’école et les services publics, distribution des revenus du pétrole aux masses populaires, développement sans limite de la démocratie…

 

 Soyons sérieux. Ici, en France, aujourd’hui. Il y a deux millions de chômeurs. Des milliers de familles sans logement. Des gosses dont l’avenir est dans la rue. Des quartiers déshérités. Des commerces qui ferment. De entreprises qui s’en vont, dans la nuit. Des personnes sans chauffage. Des vagabonds morts de froid. Une crise économique et sociale sans précédent.

 

 Et nous allons construire des mosquées ?

 

« Je ne parle ici que de l’intérêt des nations ; et en respectant, comme je le dois, la théologie, je n’envisage dans cet article que le bien physique et moral de la société. Je supplie tout lecteur impartial de peser ces vérités, de les rectifier, et de les étendre. Des lecteurs attentifs, qui se communiquent leurs pensées, vont toujours plus loin que l’auteur. » (4)

 

 

 

§

 

 

 

(1) le Koran, XLVII, 4.- ed. Garnier, 1948

(2) id. XLVII, 4,5,6

(3) id. LII, 17,18,19,20

(4) Voltaire, Traité sur la Tolérance.- ed. GF-Flammarion, Paris 1989, pp.52-53



05/12/2008
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