Incivilités

 

 

 

 

 La gauche avait tout fait, tout. Et quand je dis la gauche, j’englobe les partis, les syndicats, les associations, les philosophes sauf un ou deux, les psychologues, les consultants scientifiques des radios parlant depuis le CNRS, les artistes, les comédiens, les chanteurs, les humoristes, les chroniqueurs, les écrivains sauf un ou deux, les magistrats, les médias et quatre-vingt pour cent de ceux qui ont en charge l’éducation des enfants, oui la gauche avait tout fait. Tout fait pour alimenter dans ce pays le climat raciste nécessaire au renforcement de l’extrême droite. En défendant l’indéfendable : le gentil délinquant pour lequel on va chercher toutes les excuses possibles, pour condamner le méchant policier. En justifiant les petits délits et menus trafics qu’on explique en invoquant le chômage, la misère, la désespérance dans les quartiers. Bref, quand on vous pique votre portefeuille, quand on vous agresse en bas de votre immeuble, quand on brûle votre voiture, quand on s’en prend à vos biens, quand on rackette vos enfants à la sortie de l’école, c’est toujours la faute à dame Misère, prenez votre mal en patience, la gauche arrive avec elle la justice et la paix civile. Mais tout le monde n’a pas la patience, et cet air de commisération distillé par les humanistes des beaux quartiers ne vous console pas, le Front National est là qui vous ouvre les bras.

 

 L’extrême droite est fille de l’indulgence, du laisser-aller, de la démission collective, du culte de l’irresponsabilité. Et dans ce domaine, alternance ou pas, la gauche est toujours aux affaires. Mais quand on a un frère, une mère, un père au chômage, qu’on a du mal à joindre les deux bouts, celui qui vous agresse devient vite un étranger même s’il ne l’est pas. A force de dire que tout le monde est gentil sauf les représentants de l’ordre et des institutions, les humanistes à la petite semaine fabriquent de la haine et du racisme.

 

 Ce nid d’antisémites et de xénophobes pour qui l’occupation de la France par les nazis n’a pas été aussi terrible que ça, recueille au premier tour de l’élection présidentielle presque vingt pour cent des suffrages exprimés. Quasiment un électeur sur cinq. Et croyez-vous qu’ils auraient fait un geste pour remercier, même seulement un sourire, un mot gentil ? Non, rien du tout. La gauche dépitée attend toujours un signe.

 

 Mais comme il faut deux pôles négatif et positif pour qu’une batterie fonctionne, le jeu du je t’aime moi non plus marche en politique. Une fois au pouvoir la gauche ne manifestera pas la moindre gratitude pour ceux qui auront largement contribué à sa victoire.

 

 

 

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09/05/2012
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